BIENVENUE

                                                            

Je m'appelle Lionel CHARTEAU, je suis paludier à Guérande.

Je vous propose de vous faire vivre au jour le jour l'évolution des marais salants de Guérande, et en particulier des miens, vous verrez ainsi comment au 21ème siècle on vit ici encore au rythme des marées et des changements de temps,tout en étant (parfois) heureux qu'il pleuve!

VOUS VOULEZ ME CONTACTER:

liocharteau@cegetel.net

 

 

Si vous voulez plus de renseignements sur notre Presqu'île, voici un nouveau site très complet à mon gout:

 

Presqu’île Infos. Informations et liens utiles sur la Presqu’île Guérandaise et le Parc Naturel  Régional de Brière. Découverte de la Loire Atlantique

 

 

 

 


quelques photos

Mardi 15 avril 2008

(ou le coup de gueule d'un paludier)



Décidément, France Inter a le don de m'énerver!
Il y a quelques mois, c'était Jean Pierre Coffe, (vous pouvez aller voir la réponse que je lui avais faite),
et là, c'est l'émission "la tête au carré" qui s'y colle, même si ce n'est pas la faute de ce pauvre Mathieu Vidard.

Résumons: Jusqu'à il y a peu, j'avais une pensée émue pour mes pauvres collègues viticulteurs, qui étaient passés en quelques années de producteurs d'un produit noble, digne d'entrer au patrimoine mondial de l' UNESCO (si on l'associe à la gastronomie), au statut de tueurs en série, accusés d'assassiner des milliers d'entre nous, et interdits de citer pour la plupart le nom de leur commune, car ils faisaient alors de la publicité pour un produit dangereux!!

Entre parenthèses, que nos amis viticulteurs soient rassurés, ici, chez les paludiers, on fait tout ce qu'on peut pour qu'ils vivent mieux, en participant à l'absorbtion des stocks!!

Mais bref, revenons en au sel.
Lundi, donc, j'apprends que moi aussi, je suis devenu un tueur en série, et là ça me fait beaucoup moins rire!
Et en plus, l'invité de l'émission nous parlait abondemment du "lobby des producteurs de sel", qui soudoyait des chercheurs pour camoufler des résultats.
Il va sans dire que si je suis effectivement un producteur de sel, je ne fais en aucun cas partie d'un quelquonque lobby, pas plus que mes collègues. Sans doute voulait on parler des industriels du sel, qui sont en général des branches de grands groupes internationaux (même s'ils essaient de faire passer leur sel pour un sel récolté artisanalement). Mais là on ne parle pas du même produit!

Toutefois, avant d'aller plus loin, reconnaissons une chose, c'est vrai que nous mangeons tous trop de sel , mais tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit surtout du "sel caché" qui se trouve surtout dans les aliments préparés par l'agro alimentaire, ou dans les snacks (d'après l'invité de lundi). Et qu'il n'y a rien de mieux que de pouvoir manger en préparant ses repas soi même à partir de produits frais, en salant juste ce qu'il faut.

Et puisqu'on en parle, en ces temps où le sel est mis à mal par les gens qui pensent pour vous, moi je me permets de vous donner ici

 4 bonnes raisons de continuer à consommer du sel de Guerande:

1)salez moins, mais salez mieux!!!

Ben oui, quitte à moins saler, autant alors prendre du sel qui a du goût, plutôt qu'un vulgaire produit chimique NaCl !
D'ailleurs pour votre info, le sel de Guérande ne contient que 95 à 97% de chlorure de sodium!
(mais là je chipote)

2) d'autant que la différence de budget est bien faible

Meme si le sel de Guérande est plus cher (à fortiori la fleur de sel, c'est vrai), et que vous vous décidez à franchir le pas et à arrêter d'acheter de la m... , ça m'étonnerait que ça vous coùte plus de 10 euros supplémentaire par an!

3) Si on parlait de bilan carbone?

Allez j'enfonce une autre porte ouverte:
Qui ignore encore aujourd'hui que le sel de Guérande est un sel artisanal?
Evidemment, presque personne, mais qu'est ce que ça veut dire en terme d'Energie?
Tout simplement, que notre sel est sûrement un des produits de consommation courante qui utilise le moins d'énergie pour être produit:

Quand on prend de l'eau de mer, on utilise la force des marées
Quand on la fait évaporer, on utilise le vent et l'énergie solaire
Quand on récolte on utilise l'energie manuelle de nos petits bras,
et quand on le met en tas sur le marais, on utilise la brouette.

Bon, d'accord, il faut bien le dire (il y a d'ailleurs des photos sur le blog), on utilise des tracteurs pour rentrer le sel à l'abri.
Mais tenez vous bien, j'ai fait la moyenne de ma consommation de fioul par an:

Pour 100 tonnes de sel (ma production moyenne d'une année), j'utilise en tout et pour tout
80 litres de fioul par an
Qui dit mieux?

4) Et pour finir, si on était politiquement incorrects?

Et si on pouvait faire ce dont on a envie sans se dire qu'on est responsable du trou de la sécu, du déficit de la France et sans se dire qu'on va mourir dans d'atroces souffrances?

Personnellement, je n'arrive toujours pas à savoir ce qui coûte le plus cher à la sécu et à l'état:
Vivre pleinement, quitte à s'en prendre une bonne de temps en temps, manger ce qu'on aime, prendre du bon temps, et ne pas passer 70 ans,
ou manger des carottes à l'eau toute sa vie (ainsi que 4 autres légumes tous les jours sans faute, évidemment), sans beurre, en ne buvant que de l'eau plate et vivre jusqu'à 100 ans, dont 30 en maison de retraite, moitié grabataire, pour finir oublié dans un sous sol, un jour de canicule??


D'accord, j'exagère, mais vous voyez sûrement ce que je veux dire.
Bref, pour conclure:

carpe diem!

Et n'hésitez pas à poster des commentaires à ce billet, le débat peut être riche!

par Lionel publié dans : LA CUISINE AU SEL DE GUERANDE
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Vendredi 15 février 2008
Comme on l'a déjà vu, l'hiver on répare les digues.
Et comme on l'a vu aussi, on prend souvent la terre à côté (voir le précédent article) à coups de brouettes.
Mais parfois, il n'y a pas de terre à proximité, et là, il faut aller la chercher un peu plus loin.
Mais... comment  ramener de la terre de loin, sans utiliser de tracteur, ni camion? Eh bien comme ça:
challand en attente

Ben oui, il n'y a pas mieux que le bateau, lui au moins il ne s'enlise pas. Le seul problème, c'est qu'il faut de l'eau.
On est donc obligé d'attendre les grandes marées, et de jouer avec les horaires pour organiser la journée.
Voici donc en images le récit de cet après midi de début février.
Mais je vous préviens tout de suite:
Il est TRES TRES rare d'avoir des conditions comme celles ci au mois de février, et à fortiori lors des grandes marées.
Donc la plupart du temps, on fait ce genre de boulot avec les cirés, et c'est beaucoup moins fun.
Et puis ce n'est que de temps en temps qu'on utilise le challand (c'est le nom du bateau qu'utilisent les ostréiculteurs).
ALORS NE VOUS LAISSEZ PAS AVOIR PAR LES PHOTOS, ET NE VOUS PRECIPITEZ PAS A GUERANDE POUR
ETRE PALUDIERS!!!!
La plupart du temps, c'est beaucoup moins rigolo que ça!
Et maintenant que vous êtes avertis, on peut y aller.

Il est donc 14 heures, et le challand nous attend, mis en place depuis la veille.
L'objectif, c'est donc de le charger, avec la terre de la "bôle" (le dépot de terre qu'on voit à gauche sur la photo au dessus).
Et on fait ça à 6 ou 7.
chargement du challand
C'est la partie la plus cool du boulot, car on a largement le temps de charger avant que la marée n'arrive.
Du coup, exceptionnellement, vous pouvez même apercevoir votre serviteur:
lionel charteau au boulot !!
Comme vous pouvez le voir à l'arrière, la mer commence à arriver dans le traict.
Quelques minutes plus tard, elle a approché de quelques mètres.:
la mer monte dans le traict
Bon d'accord ça ne se voit pas beaucoup, mais elle monte quand même.
Ce qui m'a permis de tirer quelques portraits de paludiers et de paludières:
joelle epp
Honneur aux dames!
Voici Joelle, ex presidente de la coop, et surtout paludière à Saillé.

Jean paul
Après les dames, passons aux anciens!
Voilà Jean Paul, en pleine reflexion,

roger
Roger qui  reprend son souffle!



Voici Olivier, le président de notre syndicat. Vous avez vu comment il pense?!
jean luc baholet

Quant à Jean Luc, (un autre ex president de la  coop!) c'est peut etre pas son meilleur profil, mais
il n'arretait pas de tourner la tête!


Et voilà le plus jeune, Maxime.
lui, c'est pas n'importe qui, c'était mon stagiaire !!
Mais bon, c'est pas le tout, pendant ce temps, je ne sais pas si vous avez vu, mais la mer continue de monter!
D'ailleurs, le challand est chargé:

Il est 15 h 30, on a dû aller trop vite, car le bateau n'est pas près de flotter.
A 15 h 45, c'est déjà mieux, mais ce n'est pas encore ça:

Il faut encore attendre. Mais en même temps, ce n'est pas vraiment gènant dans ces conditions là.
ça nous permet d'admirer le mouvement des oiseaux, maîtres des lieux à marée haute.
Voici d'ailleurs un bel atterrissage de bernaches, sur fond de tadornes!


Et une autre troupe de bernaches, en vol celles ci:
vol de bernaches cravant

Mais en même temps, croyez moi, même si c'est beau les bernaches, il vaut mieux ne pas les avoir comme voisines.
Si un jour on vous parle du calme des marais salants, méfiez vous, c'est pas toujours vrai !!

Mais trève de considérations ornithologiques, il est 16 h00, cette fois la mer est assez haute, et c'est l'heure du départ.
La mer va encore monter pendant 1 heure et demie, ce qui nous laisse juste le temps d'aller, de vider et de revenir mettre le challand
en place pour les prochains.




Et hop! larguez les amarres!



Et maintenant; c'est le meilleur moment de la journée.
Rien ne vaut une balade en challand dans le traict
Mais ce n'est pas long, quelques instants plus tard, on entre déjà dans l'étier:

Eh oui, si unjour vous croisez une bande de paludiers juchés sur un tas de terre qui flotte,
c'est surement qu'en dessous il y a un challand!
Encore une petite photo, pour vous montrer l'arrière cette fois.
Notez que c'est Olivier qui tient la barre, c'est lui le marin de service.
Il faut noter que c'est pas évident, le challand, à fond plat par nature, n'est pas évident du tout à guider.
De plus le moteur, de faible puissance pour pouvoir être enlevé, n'est pas suffisant pour remonter le
courant lorsque le challand est chargé!

on entre dans l'etier
Encore 10 minutes, on arrive sur les lieux.
A cet endroit, le talus est affaissé, et donc manque de hauteur.
Et comme on ne fait que parler de montée du niveau de la mer, mieux vaut prevenir que guérir!


Et voilà le travail, après une heure de déchargement acharné:



Cette fois, le talus pourra endurer des bonnes marées hautes sans lacher!
Mais c'est déjà l'heure du retour, la mer commence à retourner.


Une bonne partie de l'équipe est repartie à pied à travers les marais, mais je n'ai pas pu
résister au plaisir de me refaire un tour de bateau, quitte à avoir plus long à faire à pied au retour.
Et ça en vaut la peine!


Le traict, c'est le soir et le matin, qu'il est le plus beau.
Mais voilà déjà la bôle, et il faut réamarrer le challand à sa place.



Il est temps d'ôter le moteur, car le temps de faire la route du retour avec l'annexe, il fera noir.
Et d'ailleurs c'est pareil pour moi à pied, il fera noir lorsque j'arriverai à ma voiture.
Mais bon, ça me permet de faire une dernière photo du coucher de soleil, qui était encore une fois de
toute beauté:

 

par Lionel publié dans : evenements
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Vendredi 11 janvier 2008
ça y est, c'est reparti, l'année est cette fois commencée au marais.
Et comme tous les ans, le mois de janvier est consacré à la réfection des digues, abimées par les intempéries de l'automne.
Je sais ce que vous allez dire, j'en ai déjà parlé l'année dernière, mais c'est quand même un peu différent.
L'an passé, je vous avais montré comment on relève un veau, un pan de talus qui s'éboule.
Cette année, le talus (le même que l'année dernière mais un peu plus loin) ne s'est pas éboulé, mais la terre dont il est fait est complètement pourrie.
C'est une expression figurée, bien sûr, mais cela n'empêche qu'il se pose dans ce cas là un problème:
le govérage.
Govèrer, ça veut dire que l'eau de l'étier, à marée haute, passe à travers le talus, qui n'est en fait plus étanche, et innonde la saline ou la vasière de l'autre côté. Ce phénomène se produit souvent en fin d'été, quand les talus sont très secs, ou aux très grosses marées.
Dans le cas d'aujourd'hui, la terre du milieu du talus est pleine de galeries, et de fentes, par où passe l'eau de mer.
Il faut donc "démonter" le talus, puis le remonter en mélangeant la terre et en la tassant bien.

Tout d'abord, le démontage:

On éboule la terre jusqu'à retrouver le coeur du talus, où en général elle est meilleure/
Puis on met des planches et des piquets en bas, comme je vous l'avais montré l'année dernière.
Ensuite, il faut ramener de la terre, pour mélanger les deux et obtenir un talus digne de ce nom:
Ici, le problème est que la terre, elle est de l'autre côté de la vasière:

Il faut donc traverser la vasière à coups de brouettes, sur des "planches de roule":


Autant vous dire que c'est relativement sportif.
Cet exercice tient à la fois autant du patinage artistique et de la luge que de la conduite de brouette proprement dite.
Mais malgré tout la terre arrive à destination, et le talus finit par monter:

En arrière plan, notez la réparation qui a fait l'objet d'un article l'année dernière.
Le chantier n'étant pas encore terminé, vous aurez les photos du talus tout neuf bientot.
En attendant:

Aïe Hi; Aïe Ho, on rentre du boulot!!


par Lionel publié dans : journal de bord
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Mardi 8 janvier 2008

Et voilà encore une année qui commence.
Alors, tradition oblige, mais aussi parce que je le veux bien, je vous souhaite  à tous une 

Bonne et heureuse année 2008

Et pour les paludiers qui lisent ce blog (je sais qu'il y en a) une bonne saison de récolte, meilleure en tous cas que la dernière!!

Enfin, pour ne pas faillir à la tradition,

 

il ne me reste qu'à prendre une bonne résolution, et c'est fait:
La mise en place d'une Newsletter, 
pour vous informer de la mise en ligne de mes nouveaux articles (merci Michèle).

Si vous ne savez pas comment ça marche (je viens de l'apprendre) vous n'avez qu'à mettre votre e-mail dans la case sous "inscription  à la newsletter" à gauche du site,

et vous recevrez automatiquement un mail (de lionel) pour vous informer des nouveautés du site.

 

 

Alors à bientot, et encore une fois meilleurs voeux pour 2008!

 
par Lionel
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Lundi 10 décembre 2007
Comme vous allez surement le voir ou l'entendre aux infos ce soir (s'ils n'ont rien d'autre à dire),
on a pris un bon coup de vent aujourd'hui sur la presqu'ïle , tout comme sans doute sur tout l'ouest de la France.
Rien de bien méchant, mais ça permet d'aller faire un tour à la côte, pour prendre un bol d'air, et du coup faire quelques photos de la mer déchainée.
Voici un petit florilège de celles toutes fraiches de ce matin:

Comme vous pouvez le voir, ce matin il ne faisait pas bon à vouloir se baigner, ni sortir en bateau:
tempete sur le croisic

Par contre, ce temps là a l'air de beaucoup amuser les mouettes:

mouettes dans le vent

Il était temps qu'elles passent, la vague d'après était plus méchante!




Allez, une petite dernière pour la route!



Voilà, 4 photos récupérables, pour une vingtaine prises en tout. Vive le numérique!
Allez, Kenavo!



par Lionel publié dans : evenements
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