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VENTE DE SEL DE GUERANDE

 

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POUR TOUS RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LES TARIFS
ET LES CONDITIONS DE VENTE:

LA MAISON CHARTEAU  

    (Françoise et Lionel CHARTEAU)

12, Kercadoué

44350 SAINT MOLF

 Tel: 06 75 43 06 31
    maisoncharteau@orange.fr

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 15:16

Dans les marais salants de Guérande, on utiilise fréquemment un vocabulaire très imagé, riche en expressions qui pour le profane ne veulent absolument rien dire.

En voici donc une sélection non exhaustive, qui peut vous aider, si un jour vous discutez avec un paludier au bistrot.

EXPRESSIONS LOCALES:

- "compter ses oeillets":

aller faire un tour au marais après une pluie, alors qu'il n'y a rien à faire. Au retour, on te demande toujours: "Alors, t'es allé les compter?" ou encore "Ils étaient tous là?"

Cette expression illustre bien comme à Guérande on considère ses oeillets comme un troupeau. Il faut dire qu'à force, on connait chacun de ses oeillets, on sait comment chacun réagit, bref, on finit par s'y attacher!

- "Perdre la queue de l'eau":

Avoir des fares à sec, c'est à dire que la circulation de l'eau est rompue. Situation très désagréable, et c'est toujours à ce moment qu'un collègue pointe son nez. C'est un grand moment de solitude! Cette expression s'accompagne facilement de quelques jurons que la décence m'interdit de répéter ici

- "Avoir gras d'eau":

 C'est exactement l'inverse de la précédente, c'est à dire que le paludier a à ce moment là trop d'eau sur son terrain ou sur ses oeillets. C'est moins vexant que perdre la queue, mais c'est pas meilleur pour faire du sel.

- "Sucer les rais":

Prendre les dernières gouttes d'eau d'une vasière (c'est une situation de crise). On appelle les rais le tour de la vasière, plus creux que le milieu (peluet) justement pour pouvoir la vider complètement.

vous pouvez constater par vous même qu'il n'y a rien de scabreux dans cette expression!!

DICTONS:

Les dictons, au marais comme dans le reste des campagnes, sont le plus souvent liés à la météo. Ils nous permettent de prendre du recul par rapport à météo france, surtout à l'approche du week end, où Evelyne délia nous promet toujours du beau temps pour ne pas avoir l'industrie du tourisme sur le dos.

Celui que je préfère: "Ciel pommelé comme femme fardée n'est jamais longue durée":

Il s'explique (concernant le ciel) par le fait que les nuages pommelés sont significatifs de l'arrivé d'une perturbation. On peut se douter d'un changement de temps à la flotte dans les heures qui suivent.

Pour ce qui concerne les femmes, je ne me prononcerai pas.

- "Mer qui sonne dans la Croix de l'Anse, Du sel en abondance"

Significatif d'un vent de nord-ouest. La Croix de l'Anse, c'est le bout de la baie de la Turballe qui est au nord ouest des marais.  C'est pour ça qu'on entend le ressac quand le vent vient de là. Et le vent de Nord Ouest est signe de temps durable, c'est donc le meilleur vent pour faire du sel.

-" Sel de Mai n'enrichit pas son paludier"

Celui là n'a pas de rapport avec la météo. Il date de quand les négociants régnaient en maitre sur le commerce du sel. Ils baissaient le prix du sel à chaque fois qu'ils le pouvaient, de préférence lorsqu'il y avait des grosses saisons, et que les paludiers n'avaient plus de place pour stocker le sel.

-"La brume qui rentre en mer, c'est de la pluie dans les trois jours"

 Celui là je ne me l'explique pas, je sais seulement qu'il fonctionne. ça se passe quand des nuages le matin disparaissent en mer au lieu de se diriger vers l'est comme d'habitude.

- "Orage de mer, quarante jours!"

Comprenez quarante jours de mauvais temps, bien sûr. En fait, le premier qui dit ça en voyant un orage pourra pendant quarante jours, vous dire "je te l'avais bien dit!" à chaque fois que le temps va se gâter.

Et comme on n'a quasiment jamais quarante jours de beau temps sans pluie, ça permet au moins à une personne d'avoir l'impression de pouvoir prévoir le temps!

Tant qu'on est dans les dictons inutiles, en voici un pas mal:

-" Vaut mieux ce temps là que pas de temps du tout"

Celui là, il se passe de commentaires! (Merci Philippe)

 

- "ça tourne en rien quand ça a pris l'air"

Se dit de la vase qu'on jette par dessus le talus et qui arrive chez le voisin.

Inutile de dire que cette "vérité" n'est que rarement confirmée par le voisin en question!

 

comme pour le lexique, cet article sera étoffé à mesure que les expressions me reviendront en mémoire, ou que j'en entendrai une .

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Published by Lionel - dans lexique du sel
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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 23:08

Je vois bien, vous plissez les yeux régulièrement depuis que vou savez cliqué sur ce blog.

Surement parce que pour vous aussi, je parle un peu chinois.

Voici donc un petit lexique des termes barbares que l'on utilise regulièrement à Guérande.

- Saline: C'est comme un champ, avec au milieu des oeillets (voire juste après), et autour le circuit de chauffe, qui permet à l'eau de circuler lentement de la vasière vers les oeillets en prenant de la salinité au fur et à mesure qu'elle chauffe au soleil.

- Oeillets: à Guérande , ce ne sont pas des fleurs, mais des surfaces rectangles de 70m2 environ, dans lesquelles le sel finit par cristalliser lorsque l'eau qui y est enfermée arrive à saturation (280g de sel par litre d'eau)

- vasière: c'est la réserve dans laquelle on garde l'eau de mer entre deux marées de vives eaux (coef>80). Il y a environ deux semaines entre les marées de vives eaux mais parfois on doit prendre de l'eau pour tenir un mois complet.

- Traict du Croisic: Bras de mer qui entre au milieu des marais, et sert d'élevage d'huitres, palourdes...Mais c'est surtout de là que partent les etiers, ces canaux qui entrent dans le marais pour l'alimenter en eau de mer (et aussi pour pouvoir évacuer l'eau lorsqu'il faut vider, mais on verra ça plus tard)

- Fares: désigne les surfaces rectangles au fond d'argile sur les quels l'eau va passer pour rejoindre les oeillets. Ils sont séparés par des ponts, toujours en argile.

- Ponts: petites digues d'argile qui séparent les fares entre eux, et qui servent à étancher différentes parties du circuit d'eau. Ils nous servent également à passer, qu'on soit seul ou avec du sel, pour le sortir de la saline.

 - Limu: Désigne tout ce qui ressemble de près ou de loin à des algues, et qui empeche l'eau de circuler normalement. Il se développe jusqu'à une salinité de 80 g par litre à peu près, c'est à dire qu'il y en a toute la saison dans le début du circuit, et que par contre il est déjà mort dans les oeillets. On le retire avec un "rateau à limu", et une saison comme celle ci, on passe toutes les trois semaines dans certains fares.

- Houlette: désigne l'outil le plus utilisé des paludiers, la pelle. Mais attention, le terme de houlette n'est utilisé que sur Guérande. A Batz sur mer, Saillé, on appelle ça une boyette.

- Galoche: partie centrale de l'oeillet, plus haute que le tour de quelques milimetres.

- Boutage: premier nettoyage des oeillets. Il s'effectue avec de l'eau, et consiste à enlever le plus gros de la vase, afin que l'argile du fond se mette à saler, et facilite ainsi le nettoyage final.

- déchargeage: dernier nettoyage des oeillets, juste avant de faire du sel. Il se fait à sec, et là on ne laisse rien du tout. Le sel se formera ainsi deux ou trois jours plus tard, sur de l'argile propre.

- dourage: (du verbe dourer) ça viendrait du breton douar, qui veut dire eau. Dourer les oeillets, c'est leur mettre tous les jours la quantité d'eau qui s'est évaporée la veille. Tant qu'il n'y a pas de sel, on doure "juste", c'est à dire qu'on met juste un milimètre d'eau sur le point le plus haut de l'oeillet. ça facilite le démarrage de la cristallisation. Ensuite, lorsqu'il y a du sel, on doure "plus gras", c'est à dire qu'on met un peu plus d'eau.

 - Mulon:  C'est le tas de sel sur le bord de la saline, qui va rester jusqu'au roulage, la rentrée de récolte en fin de saison (ou en milieu de saison s'il y a le temps)

- Rayage: C'est l'opération qui consiste à curer les vasières. J'y ai consacré un article complet au mois de décembre.

- Poissonnage: Opération qui consiste, toujours dans  les vasières, à prendre le poisson en bougeant la vase, mais sans la jeter sur le talus.

Malheureusement, cette expression fait maintenant partie de l'histoire ancienne, puisqu'il n'y a plus de poisson dans les vasières (encore merci aux braconniers de civelles). Par contre, il y a toujours de la vase!

Ce lexique sera étoffé à mesure que j'utiliserai des termes tordus, et ce n'est pas fini.

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Published by Lionel - dans lexique du sel
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